C’est un véritable discours fondateur que Nicolas Sarkozy a prononcé ce soir à Toulon.
Notre pays subit l’immobilisme Chiraco-socialiste depuis plus de 25 ans. La crise économique mondiale va peut-être lui permettre de s’adapter à notre époque, si les Français en comprennent l’écrasante nécessité.
Le retour à l’idée Gaulliste de la « participation » des salariés aux fruits de leur travail semble être une volonté du Président de la République. Nous y sommes particulièrement attachés, car c’est le seul moyen de lutter contre les inégalités et les injustices et de permettre à toutes celles et tous ceux qui participent à l’évolution de leur entreprise d’en recevoir les dividendes.
Le Patronat et la Gauche, relayée par les syndicats, n’ont jamais voulu de cette opportunité, car ils étaient persuadés que leur vocation de « posséder ou revendiquer » serait mise à mal. C’est d’une gravissime erreur. Si l’idée de participation avait été appliquée il y a 30 ans, la France serait aujourd’hui une référence dans le monde.
Aujourd’hui, Nicolas Sarkosy reprend cette idée gaulliste, nous ne pouvons que nous en féliciter.
Le discours de Toulon est remarquable d’intensité, il est urgent de passer aux actes. Facile à dire, difficile quand un pays est imprégné de conservatisme.
VILDENAY
Florilège du discours du Président de la République à Toulon
La crise économique
« Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois à venir sur la croissance, sur le chômage, sur l'emploi ».
Le chef de l’Etat appelle de ses voeux pour que « les responsables de ce naufrage soit sanctionnés, au moins financièrement ».
La crise actuelle nécessite de "remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial".
« Une certaine idée de la mondialisation s'achève avec la fin d'un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir »
« Pour améliorer la compétitivité de notre économie, il faut réduire le poids du secteur public : 30.600 postes de fonctionnaires seront supprimés en 2009 »
« La crise actuelle aura dans les mois qui viennent des conséquences sur la croissance, le chômage et le pouvoir d'achat. »
« Ce système financier, ce n'est pas l'économie de marché, ce n'est pas le capitalisme »
« Les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être désormais encadrés" pour mettre fin aux abus. Le gouvernement règlera le problème au besoin par la loi avant la fin de l'année ».
« Cette crise, sans équivalent depuis les années 30, marque la fin d'un monde ». « L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle ».
« Ce système, (...) ce n'est pas l'économie de marché, ce n'est pas le capitalisme. Le capitalisme ce n'est pas le court terme, c'est la longue durée, l'accumulation du capital, la croissance à long terme ».
« Faire comme si rien ne s'était passé serait une erreur historique ».
« La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre le liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle. Il faut un nouvel équilibre entre l'Etat et le marché »
« Si les dirigeants ont des stock-options, les autres salariés doivent en avoir aussi. »
"Les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement".
« Il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial ».
« L'état garantira la sécurité et la continuité du système bancaire français »
« Pas d'augmentation d'impôts et pas d'augmentation des charges pour les entreprises. Parce que l'austérité aggraverait la récession. »
Protection des épargnants
Nicolas Sarkosy estime que les banques françaises semblent en mesure de résister à la crise, mais il n’acceptera pas "qu’un seul épargnant français perde un seul euro parce qu’un établissement financier se révèlerait dans l’incapacité de faire face à ses engagements : l’Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français".
"De grandes institutions financières sont menacées, des millions de petits épargnants dans le monde, qui ont placé leurs économies à la Bourse voient jour après jour fondre leur patrimoine, des millions de retraités qui ont cotisé à des fonds de pension craignent pour leurs retraites, des millions de foyers modestes sont mis en difficulté par la hausse des prix".
« Comme partout dans le monde, les Français ont peur pour leurs économies, pour leur emploi, pour leur pouvoir d'achat Il faut vaincre cette peur. C'est la tâche la plus urgente. On ne la vaincra pas, on ne rétablira pas la confiance en mentant mais en disant la vérité. »
La participation et l'intéressement
Le chef de l'Etat a considéré que la crise devait " nous inciter à aller plus loin et plus vite dans les réformes qui contribuent à réhabiliter la valeur travail (...) ". La loi à venir sur la participation et l'intéressement " s'inscrit exactement dans cette perspective de rééquilibrage entre le capital et le travail ".
« Il faut entreprendre l'autre révolution (à côté de celle du RSA), à savoir : « Destiner une part plus grande des bénéfices de l'entreprise à ceux qui par leur travail créent la richesse, redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs sans alourdir les charges fixes de l'entreprise et ainsi remettre le capitalisme à l'endroit »
Crédit aux entreprises
« Si l'argent venait à manquer… Il le ferait par des cautions, par des garanties, par des apports en capital ou par une modification de la réglementation bancaire »
« Il faut des mesures fortes pour que les programmes immobiliers en cours puissent être menés à bien et pour que des terrains appartenant au secteur public soient libérés pour y construire de nouveaux logements, ce qui contribuera à la baisse des prix qui avaient atteint des niveaux excessifs. »
Environnement et développement durable
« Je crois à la croissance durable " Il faut dire aux Français que nous passons d'un monde d'abondance à un monde de rareté (...) Chacun va devoir faire des efforts, changer de comportement pour polluer moins ».
"Dans le monde de demain, le principe pollueur-payeur devra s'appliquer partout"
« Le principe de bonus-malus va se généraliser à d'autres produits. Cette extension se fera dans la concertation. Elle se fera progressivement. Mais elle se fera. J'en prends l'engagement. Comme je prends l'engagement que toutes les conclusions du Grenelle de l'environnement seront mises en œuvre »
Cette nouvelle fiscalité incitative doit permettre de déboucher sur une croissance durable.
« La multiplication par quatre des capacités de transport en commun, la construction de 2.000 km de lignes ferroviaires à grande vitesse, les autoroutes de la mer. Et côté logement, la rénovation de la totalité du parc de logements sociaux et des bâtiments publics pour les adapter aux exigences des économies d'énergie. Sans oublier, un programme de recherche dans le développement durable doté de 1 milliard d'euros à l'horizon 2012 . Toutes ces dépenses nouvelles seront gagées sur les futures économies d'énergies ».
« Concrètement, Je veux que soit mis à l'étude un grand plan de rénovation des transport des infrastructures des transports collectifs dans nos villes ». « De même que le renouvellement du parc de centrales nucléaires sera accéléré ».