La voilà de retour, ‘‘la Commission pour la Libération de la croissance française’’, plus simplement nommée Commission Attali2. Une commission ‘‘d’Experts’’. Souhaitons qu’ils ne soient pas les mêmes que ceux qui ont imprévu la ‘‘crise financière’’ ou prévu le ‘‘réchauffement climatique’’…
Sur France Inter, Jacques Attali a résumé les principaux travaux qui vont être mis sur la table :
1°-Une mobilisation culturelle de la société française à l’égard de la crise ‘‘Toute attitude qui consisterait à croire que la crise est finie aboutirait à se voiler la face sur les dangers…les dangers qui pèsent sur l’unité européenne, sur l’existence de l’Euro, sur le chômage, sur l’accumulation de l’immensité de la dette française. 2°-Créer les conditions d’une vraie justice sociale notamment à l’égard des précaires et une meilleure amélioration de l’efficacité de l’Etat. 3°-L’augmentation du pouvoir d’achat, notamment par une extension du temps libre… 4°-Réduire les déficits en augmentant les recettes, en diminuant les dépenses et en adaptant une fiscalité plus juste. 5°- Une nécessité » d’ouvrir nos frontières à la main d’œuvre étrangère. 6°- Faire sauter le verrou de l’âge de la retraite.
Résumons, un vrai programme socialiste avec le partage du travail en miettes, l’ouverture des frontières pour prendre la place de ceux qui n’ont toujours plus de travail, le prolongement de l’âge de la retraite pour ceux qui sont sans emploi à 55 ans…et du temps libre supplémentaire pour ceux qui n’ont pas un kopek en poche.
Soit, je n’ai rien compris aux propos de Jacques Attali (que j’apprécie par ailleurs), soit nous continuons dans le délire du libéralisme-socialo aveugle qui nous dirige directement dans le mur.
Que notre pays et l’Euro-groupe soient au seuil d’une crise gravissime, il ne faut pas être énarque pour le présager. L’augmentation des charges et la baisse du pouvoir d’achat sont constatées chaque jour durement par les classes moyennes que l’on étrangle et qui rejoignent inexorablement le bataillon des pauvres qui deviennent de plus en plus nombreux.
Faisons un rêve : Jetons tous ces ‘‘experts et énarques’’ aux orties et faisons appel à nos anciens titulaires du certificat d’études primaires. Eux, au moins nous parlerons comment réparer les robinets qui fuient, des trains qui arrivent à l’heure et de l’ardente obligation de savoir compter ses sous.
Alors, on commencera à définir ce que doit être un vrai service public avec les moyens indispensables pour son bon fonctionnement. Les trains et l’école doivent-ils rester dans le giron étatique avec les résultats déplorables que l’on constate ? A contrario, il est urgent de donner les moyens au secteur hospitalier qui devrait être nationalisé, la sécurité sociale qui devrait être seule et unique alors que les mutuelles dépensent des tonnes d’argent en publicité pour allécher le client.
Alors on arrêtera d’étrangler les classes moyennes pour leur permettre de consommer avec modération, mais aussi avec satisfaction, ce qui produira du travail.
Alors, on changera le système de perception des charges sociales (santé et retraite) en l’attribuant à la tva que tout le monde paie, ce qui aura le mérite d’alléger totalement les charges sociales sur les salaires pour une redistribution qui profite à tous. Ce qui permettra aussi de redevenir compétitif et de rapatrier nos fabrications délocalisées.
Jacques Delpla, membre de la commission, propose un nouveau contrat social : « Si la productivité horaire française est la plus importante au monde, le nombre d’heures travaillées et le nombre de gens au travail en France sont l’un des plus faibles au monde... » « …deux choses sont prioritaires : la régulation financière et la réforme du marché du travail en s’inspirant du modèle Danois »
La régulation financière : « Que les banques fassent des profits, cela est leur raison d’être. Quelles redistribuent leur dividendes à leurs seuls actionnaires, cela est insupportable. »
La réforme du marché du travail : « … En contrepartie de la flexibilité du travail, il faut donner aux salariés une couverture sociale beaucoup plus importante. C'est-à-dire donner des assurances chômages aux 4 millions de personnes sans emploi et non à 1 million 1/2 comme aujourd’hui… »
Cependant, à défaut d’assistanat permissif, on devrait envisager de verser un salaire décent à tous ceux sans emplois avec l’obligation de travailler à plein temps pour la collectivité en attendant de rebondir dans le privé, grâce au rapatriement de nos fabrications. Que fait-on de nos forêts non entretenues, de nos berges regorgeant de déchets, etc, etc…
Mais pour réaliser cette révolution sociale, « il sera urgent de revoir la représentativité des syndicats ».
Lors des propositions de la Commission Attali1, il avait été suggéré entre autres une réforme de la représentativité syndicale. Elle a été avortée par l’obstruction systématique des leaders syndicaux. Les syndicats français n’étant pas représentatifs dans le secteur privé, privilégient la défense des salariés du secteur public qui ont encore un emploi stable au détriment de tous les autres. C’est persévérer dans la défense du pot de fer public contre le pot de terre privé. Il est urgent de reconsidérer la méthode de représentativité syndicale pour permettre une meilleure solidarité nationale et la création d’emplois pour tous.
Serions-nous au seuil d’un vrai choix de société ?
De Gaulle avait déclaré en son temps « la politique de la France ne se fait pas à la Bourse ». Les socialistes s’y sont honteusement engouffrés avec les Chiraquiens. Il reste deux ans à Nicolas Sarkozy pour donner du travail à la France et l’espoir à notre jeunesse.
Laissons l’avant dernier mot à Jacques Attali : « Il faut prendre conscience de l’extrême gravité de ce qui est devant nous. Mais nous avons tous les moyens pour nous en sortir. Nous sommes un des pays les plus riches, les plus puissants, les plus prometteurs, les plus extraordinaires de la planète. Tout le monde nous envie pour notre niveau de vie, pour notre mode de vie, pour notre culture, pour notre liberté, pour notre démocratie, pour notre justice sociale, qu’il faut protéger et aller plus loin. »
Il est urgent « d’aller plus loin » avant que le ciel ne nous tombe sur la tête. La révolte gronde dans les chaumières.
J2B.