Papy 27
Robert : C’est quoi cette usine à gaz qui doit remplacer le Rémi ?
Pol-jacques : Voyons, c’est le Rsa, comme Rendre la solidarité active !
R : Mais le Rémi, c’est actif aussi. Regarde, ça fait 10 ans que j’y suis et tu crois que j’m’amuse ? je suis surbooké. Peinture par-ci, Placoplatre par-là.
P-J : Je te parle pas de ce que tu fais. Le RSA, cela va permettre à une personne travaillant à 60 %, en contrat de RSA, d’avoir des ressources équivalentes à celles dont dispose un salarié à temps plein payé au SMIC, et même supérieures si l'on tient compte des avantages connexes au RMI, dont continueront à bénéficier sans limite de temps, les bénéficiaires du RMI.
R : Je comprends, en fin de compte, les salariés payés juste au-dessus du SMIC (16 % des salariés) vont vivre très mal cette situation au quotidien.
P-J : En enrichissant les travailleurs pauvres, on risque bel et bien de les maintenir dans la trappe du temps partiel et de décourager les salariés à temps plein. Ces derniers seront révoltés de ne pas gagner plus alors qu'ils travaillent plus. Nombre d'entre eux font partie des 12 millions de Français taxés d'office de 1 milliard d'euros pour financer le Rsa.
R : Alors, moi j’préfère rester avec mon Rémi et continuer de travailler à plein temps.
P-J : Mais t’es jamais contrôlé ?
R : Rigole, mon n’veu, une convoc tous les six mois au CJM.
-Bonjour, çà va ?
-Ah la, la, y a pas d’boulot, ma bonne dame.
-Ah oui, c’est la faute au gouvernement !
-Vous avez raison ma bonne dame, mais qu’est-ce que j’peux faire ? je cherche, je cherche, mais j’trouve rien.
-Allez, ne désespérez pas, cela changera un jour et vous aurez du boulot.
-Oui, mais ceux qui veulent la place, ils y étaient quand je suis tombé dans le rémi.
-Non, ceux qui vont venir, ce ne sont pas les mêmes !
-Ah chouette, madame. Vous devez avoir raison, mais je croyais que ceux qui voulaient la place c’étaient Fabius, Aubry, Royal, Lang…
-Silence de la dame…puis :
-Allez cher monsieur, bon courage, au revoir et à dans 6 mois
P-J : C’est tout ?
R. Qu’est-ce que tu crois, mon vieux pote, c’est l’administration. Cool, zen, mais réglo.
P-J : Si j’ai bien compris, tu vas rester au Rmi ?
R. : Je veux, mon n’veu.
P-J : Tu sais qu’il existe un pays nordique où, après l’expérience permissive du RMI, ils ont optés pour une mesure différente. Tous les matins, les rmistes doivent se rendre chez le Bourgmestre afin de travailler toute la journée pour la commune. En fin de mois, ils touchent le smic sans autres avantages. Ils sont encadrés un matin par semaine par des placiers professionnels et sont accompagnés chez des entreprises du secteur. Ce qui fait qu’ils ne restent pas longtemps au Rmi.
R. : C’est pas vrai !
P-J : Si, si. C’est la logique du pas de revenu sans contrepartie d'activité. Tu crois pas que c'est une question de dignité pour les individus et d'efficacité pour la société ?
R. : T’as p’tête raison, mais c’est pas marrant dis-donc c’pays.
P-J : C’est la logique de responsabilité de l'initiative et de l'accompagnement des projets individuels qui l'emporte sur celle de l'assistance.
R. : Ah ouais, t’as raison. Allez, appelle la serveuse pour qu’elle nous remette ça, on est en France !
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