50 ans après que le Général de Gaulle ait proclamé l’indépendance des Pays Africains francophones, les dirigeants de 38 pays du continent Africain se sont retrouvés à Nice pour le 25° sommet Afrique-France, co-présidé par le Président Egyptien Hosni Moubarak et le Président Français Nicolas Sarkozy. Ce ‘‘Sommet’’ Afrique-France est honoré aussi de la présence du Chef d’Etat d’Afrique du Sud, Jacob Zuma.
Trois thèmes principaux sont inscrits à l’ordre du jour : la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale, la sécurité et les enjeux d'environnement liés au climat.
Ce ‘‘sommet du renouveau’’, comprend notamment cinq ateliers de travail composés des représentants de 150 entreprises africaines et 80 françaises.
La place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale
Le Président Nicolas Sarkozy a appelé la communauté internationale à "faire une place à l'Afrique dans la gouvernance mondiale"… " absolument aucun des grands problèmes auxquels notre monde est confronté ne pourra trouver de solution sans la participation active du continent africain".
Le chef de l'Etat Français a aussi déclaré qu'il était "absolument anormal que l'Afrique ne compte aucun membre permanent du Conseil de sécurité" des Nations unies et demande que ce Conseil soit "réformé".
"Je suis intimement convaincu qu'il n'est plus possible d'évoquer les grandes questions du monde sans la présence de l'Afrique", a précisé Nicolas Sarkozy, promettant que des "initiatives" seraient prises lors des présidences françaises des G8 et G20 à venir.
La sécurité et les enjeux d'environnement liés au climat.
Deuxième sujet majeur de ce sommet : les enjeux climatiques. "Les Africains ont souligné l'asymétrie des profils entre l'Occident pollueur et l'Afrique polluée à qui on demande en plus des efforts", selon le représentant de la diplomatie Gabonaise. De nombreux participants ont rappelé le rôle majeur du continent dans la lutte contre le réchauffement climatique, deuxième poumon vert de la planète grâce aux 200 millions d'hectares de la forêt du bassin du Congo, jugeant décevant les "maigres avancées" de la conférence de Copenhague (environ 30 milliards de dollars dans un fond de démarrage d'ici à 2012).
Meles Zenawi, (le négociateur africain pour le climat) a alerté l’opinion mondiale en précisant que si les Africains n'étaient "pas satisfaits des arrangements financiers", ils bloqueraient tout traité sur le climat.
Nicolas Sarkozy a bousculé la tradition qui voulait qu’un dîner réunisse la veille des sommets Afrique-France les seules ex-colonies françaises. "Permettez-moi de vous dire que la France vous considère tous comme des amis, comme des partenaires, comme des hommes et des femmes d'expérience", s’est-il adressé à l’ensemble des dirigeants africains réunis pour le dîner d’ouverture. "Il m'a semblé que la distinction entre les amis et les autres -et comment qualifier les autres?- n'avait plus guère de sens", a-t-il ajouté.
Une charte des entreprises pour bannir la corruption
Ce 25ème sommet Afrique-France, sera sans nul doute voulu par le Président Sarkozy comme celui de la "rénovation et de la rupture" avec les anciens réseaux d'influences, liés à des chefs d'Etats amis, souvent protégés par des accords militaires secrets contre l'assurance d'un accès privilégié aux ressources et aux marchés. Or, aujourd’hui l'Afrique ne représente plus qu'environ 2% des échanges commerciaux avec la France, contre plus de 40% dans les années 60.
Dans cet esprit de "rénovation et de rupture", plus de 200 entreprises françaises et africaines ont adopté une charte professionnelle pour les investisseurs sur le continent africain, bannissant la corruption et louant la transparence.
N’en déplaise aux grincheux de la bobocratie, ce 25° sommet a le mérite de jeter les bases d'une nouvelle relation politique et économique entre l’Afrique et la France au moment ou ce Continent est si convoité par les Chinois et les Indiens. Et la déclaration de Jacob Zuma : "Les temps ont changé", n’est pas anodine. Elle confirme la volonté de Nicolas Sarkozy d’honorer des relations "gagnant-gagnant" avec les Africains, sans omettre que nombre important d’entre eux pratiquent le français comme langue véhiculaire, commerciale et culturelle.
A contrario des socialistes qui brandissaient des pancartes pour la régularisation des sans papiers, il est plus utile de permettre à l’Afrique de se développer afin de garder ses enfants au pays.
Important aussi d’entendre le Rwandais (Président de la Banque Africaine de Développement) déclarer : "En Afrique, à chaque fois que j'investis un dollar, le retour sur investissement est de 5 dollars. Ce qui est important, c'est le climat des affaires".
"Nous voulons le partage des technologies, notamment sur les énergies renouvelables et solaires", a souligné le Président Sarkozy. "C'est bien plus intéressant de partager la technologie" que de favoriser "des budgets d'aide au développement qui n'ont pas toujours tenu leurs promesses".
Important aussi de montrer au Peuple Africain que la France tient à participer à la lutte contre la famine en annonçant la création d'un Fonds d'investisseurs pour l'agriculture africaine, pouvant mobiliser à terme 300 millions de dollars.
Lors de mon retour en Afrique Centrale, le soir dans un sous-quartier de Yaoundé, un verre de " Castel-bierre" à la main, je pourrai dire à mes amis Camerounais : " Bembengoré ! Il est fini le temps de la France-Afrique et du Papa-m’a-dit socialiste. Votre chère mère-patrie, comme vous aimez tant le dire, reviens à votre écoute !"
Jafree