Lors de l’élection de Benoît XVI, nous pouvions appréhender qu’à défaut d’un pontificat éclairé, des risques forts de déviations pouvaient être craints. C’était minorer l’esprit réducteur de celui qui était précédemment préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi.
Déjà, la réhabilitation du négationniste Williamson était scandaleuse, surtout pour un pape d’origine Allemande, puis vint l'excommunication au Brésil d'une mère brésilienne qui a fait avorter sa fille de 9 ans après un viol.
Mardi, le pape, en visite au Cameroun, a une fois de plus provoqué la polémique en déclarant "On ne peut pas régler le drame du sida avec la distribution de préservatifs, qui au contraire augmentent le problème".
Si cette polémique devrait désorienter un peu plus les catholiques, elle aura le ‘‘mérite’’ de réunir d’une même voix toutes les tendances de l’échiquier politique français.
Rama Yade est ‘‘ahurie’’ : "Quand on voit les ravages de la maladie, en Afrique notamment, on doit traiter le problème... : oui, naturellement, oui, absolument, au préservatif, car il préserve la vie" a affirmé la Secrétaire d'État d'origine Sénégalaise.
Le Secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, (auparavant à l’initiative du préservatif à 20 centimes) avoue être "tombé des nues" devant les propos du pape : "On a besoin de se protéger et on a besoin aujourd'hui de messages de prévention. Le préservatif est le meilleur moyen de se protéger du Sida et pas seulement en Afrique", a-t-il déclaré.
La réaction la plus forte vient d’Alain Juppé, qui tout en revendiquant son attachement aux valeurs chrétiennes, a déclaré que "ce pape commence à poser un vrai problème." Pour le maire de Bordeaux, "aller dire en Afrique que le préservatif aggrave le danger du sida, c'est une contre-vérité et c'est inacceptable".
François Bayrou, catholique pratiquant, a jugé "irrecevables" les propos du Pape : "la première responsabilité", en particulier des chrétiens, "c'est la défense de la vie". "On est là sur un continent dans lequel il y a des dizaines de millions de femmes et d'hommes qui sont atteints par la mort".
"La responsabilité de tout chef religieux, défendre le principe de vie et certainement pas d'engager les êtres humains vers la mort".(Ségolène Royal)
Laissons le dernier mot a Bernard Audoin, directeur général de Sidaction : "Le Pape qui parle du préservatif, c'est comme si je parlais de l'immaculée conception".
Rappelons que d’ici 2010, le Sida aura tué 30 millions de personnes !
L'évêque de Gap, Mgr Di Falco a enfin déclaré : "C'est vrai que cette phrase paraît brutale et semble ne pas tenir compte de la réalité de ce qui se vit en Afrique".
En se rendant au Cameroun, soit le Pape a été mal informé des réalités du pays, soit il a volontairement voulu les ignorer.
Pour bien connaître le Pays du « Char des Dieux », j’ai plusieurs amis prêtres qui sont officiellement mariés et n’hésitent pas chaque dimanche lors de l’homélie de rappeler à leurs fidèles, la nécessité du préservatif et les dangers du sida.
Eux, au moins vivent dans les réalités quotidiennes et ont opté, avec l’assentiment de leur communauté, pour une vie familiale équilibrée plutôt que de propager l’hypocrisie prônée par Rome depuis des lustres, laissant libre court à la pédophilie.
Si Dieu existe, il est temps qu’il éclaire son représentant sur terre, avant qu’il ne provoque l’irréparable, et qu’à l’instar de ce qui se passe en Europe, les Eglises finissent par se vider de leur fidèles, faute d’actualiser une Foi vivante, en harmonie avec notre époque.
JAFREE
P.S. : France2 a décidé de laisser le bandeau de Sidaction pendant la retransmission de la messe de dimanche. C'est à l'honneur du Service Public.