Brazzaville ne peut laisser indiffèrent un Africain français. Aussi un peu d’Histoire est nécessaire :
Brazzaville fût la Capitale de la France libre en 1940, de par le ralliement de Félix Eboué au Général de Gaulle dès le 18 juin.
Petit-fils d'esclave, d’origine Guyanaise, socialiste et Franc-maçon, Félix Eboué fût nommé par le Général De Gaulle Gouverneur général d’Afrique Equatoriale Française, et sera parmi les cinq premières personnes à recevoir du Général la croix de l'Ordre de la Libération.
Résidant à Brazzaville, Il transforme l'AEF en une véritable plaque tournante géostratégique d'où partent les premières forces armées de la France libre, conduites par les généraux Kœnig, de Larminat et Leclerc.
Il organise une armée de 40 000 hommes et accélère la production de guerre où il peut enfin appliquer la « politique indigène » qu'il a eu le temps de mûrir au cours de sa longue carrière.
Fin janvier 1944 se déroule la conférence de Brazzaville co-présidée par le Général De Gaulle et Félix Eboué. Lors de cette conférence, Félix Éboué y joua un rôle important. Sa politique d'assimilation en faveur des colonies sera retenue et le code de l'indigénat aboli.
Dans son discours qui fera date, de Gaulle affirma la nécessité d’engager les colonies «sur la route des temps nouveaux», en précisant que « les Africains doivent participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires». Préparant l’opinion vers la décolonisation. Il faudra attendre le retour du Général de Gaulle en 1958 pour, toujours à Brazzaville, « offrir l'indépendance à quiconque la voudra réaliser ».
Grand humaniste noir, Félix Éboué décéda d'une congestion cérébrale au Caire, le 17 mai 1944. Ses cendres furent transférées au Panthéon le 20 mai 1949.
Rappeler que Brazzaville fût un temps la Capitale de la France libre et que le Général De Gaulle l’avait choisi pour annoncer l’indépendance Africaine francophone, méritait qu’on s’y attarde.
Aujourd’hui, c’est au tour du Président Sarkozy d’imprimer une nouvelle page dans les relations Ô combien affectives entre la France, Brazzaville et les Pays d’Afrique francophone.
Après les péripéties mouvementées de la politique de la ‘‘Françafrique’’ de Giscard, Mitterrand et Chirac, Nicolas Sarkozy a proposé hier une «nouvelle donne» aux Africains. Il a souhaité «abolir ce que le passé a laissé d'obscurité».
Son premier geste fort pour joindre les actes à la parole aura été de recevoir les représentants de l’opposition congolaise. Une première que les socialistes français devraient prendre en pleine figure ! Eux qui, quand ils étaient au pouvoir en France, se sont montrés si affairés avec les dirigeants de nos pays.
Sous un tonnerre d’applaudissements des parlementaires Congolais, le Président Sarkozy a rappelé que le Congo est signataire en 2007 de ‘‘la Charte africaine de la démocratie’’ qui l'engage à «promouvoir la tenue d'élections régulières transparentes, libres et justes… la démocratie étant un gage de stabilité car elle assure la diffusion de la prospérité vers le plus grand nombre.»
Le président français a tenu à saluer le rôle du Président Congolais, Denis Sassou Nguesso, estimant que "grâce à lui depuis peu d'années le Congo a retrouvé la stabilité et la sécurité".
Pour nous Africains, il était capital de rappeler l’importance de la paix pour pérenniser une démocratie apaisée à contrario des apprentis sorciers de la gauche française ‘‘bien pensante’’ qui dans leurs salons parisien dorés, oublient aveuglément que c’est toujours le peuple qui souffre et qui meurt lors des conflits guerriers.
"Nous devons définir ensemble les termes d'une proximité et d'une familiarité renouvelées. Il faut nous débarrasser des pesanteurs du passé (...) qui alimentent trop souvent méfiances et soupçons" et "d'une relation trop souvent caricaturée comme opaque et affairiste", a continué le Chef de l’Etat Français.
"La démocratie et les droits de l'Homme font partie de notre héritage commun. Ce ne sont pas des valeurs artificielles plaquées sur votre société et qu'une arrogance occidentale ou française aurait décrétée universelle", a continué Nicolas Sarkozy.
Rendons hommage à Rama Yade, Secrétaire d'État chargée des affaires étrangères et des droits de l'Homme, qui sans relâche noue des contacts fructueux avec les représentants politiques de l’Afrique francophone pour instiller la démocratie active, lutter contre l’exploitation des femmes et des enfants. Elle est aimée des Français, elle est aimée des Africains.
Jafree